mercredi 25 mai 2016

Aller de l'avant et retrouver ses racines pour repenser le métier de paysan, une conférence passionnante présentée par l'Amicale


Gérard Boinon
Une conférence captivante devant un auditoire bien à l'écoute !
Gérard Boinon est un solide paysan des Dombes. Il commence sa carrière en 1972, en pleine période d'industrialisation de l'agriculture. Un jour, en manipulant un produit insecticide, une crise d'urticaire interne et externe l'envoi aux urgences. Il commence alors à réfléchir à sa manière de cultiver la terre de manière plus naturelle. Il est aujourd'hui à la retraite et milite pour une agriculture « écologique intensive » au sein de l'association Rés'OGM info.
Ce vendredi soir à 20h30, invité par l'amicale laïque de Proveysieux, il est dans la salle des fêtes du hameau de Pomarey. Il présente à une quarantaine de personnes un film d'Honorine Perino sorti en 2012, déjà vu par 14 millions de personnes dans le monde et intitulé « Secrets des champs ».
Ce film part du constat que, sans l'aide de l'homme, les plantes ont colonisé toute la surface de la terre depuis environ 450 millions d'années. Donc, si les végétaux ont naturellement une telle faculté d'adaptation à toutes sortes de milieux, pourquoi se servir des pesticides, de la chimie et des OGM ?
Les ravageurs ne représentent que très peu (3 à 7%) des espèces insectes. Quand on utilise un pesticide, tous sont touchés. Certaines espèces « auxiliaires » (comme la guêpe parasitaire du puceron, par exemple) peuvent être redoutablement efficaces contre les ravageurs, ne sont jamais en grève, et ne demandent ni argent ni travail.
1 gramme de terre contient environ un milliard de bactéries et un million de champignons. 80% des plantes bénéficient à l'état naturel d'une relation bio-protectrice avec les champignons appelée « mycorise ». Travailler en favorisant cette synergie naturelle permet d'éviter d'utiliser des engrais et des traitements chimiques.
Enfin, les plantes interagissent entre elles. L'agroforesterie (culture sous les arbres) et le mélange de différentes espèces végétales dans un même champ permettent d'éviter beaucoup de traitements chimiques tout en augmentant les rendements.
Après la projection du film Gérard Boinon a parlé de son expérience de chef d'exploitation passé d'une pratique « industrialisée » à une agriculture « écologique intensive ». Il ne regrette pas son choix : »se servir d'oiseaux et d'insectes comme auxiliaires marche merveilleusement bien et permet de retrouver la beauté du métier de paysan ».
Didier Sartor
La majorité des agriculteurs serait attentiste.
D'après Gérard Boinon, les paysans Français peuvent être divisés en trois parties : environ 20% sont pour la culture industrialisée et les OGM. La même proportion a choisi une pratique écologiste. La majorité, c'est à dire 60 à 70% des agriculteurs sont attentistes et veulent voir ce qu'une évolution ou une autre peut apporter sur le long terme.
Le financement de l'association est remis en question.
En 2004, la majorité du Conseil Régional alors en place (sous la direction de Jean jacques Queyranne) a décidé que Rhône Alpes serait sans OGM. L'association Rés'OGM info distribue tous les ans un fascicule de 16 pages aux 42 000 paysans de la région. Cette publication, comme ses films (2 ont déjà été réalisés et un 3e est en cours) ont pour objet d'informer sur les évolutions de l'agriculture et des alternatives aux OGM. Depuis les dernières élections (fin 2015) et le changement de majorité, le financement des brochures d'information et des films sont remis en question.

Comment se débarrasser des limaces sans utiliser les granulés empoisonnés ?
Une recette pour débarrasser son jardin des limaces, sans utiliser de produit chimique : poser une planche à côté des légumes attaqués par les gastéropodes et mettre des tranches de patates crues dessous. La nuit, les limaces sont attirées par l'amidon contenu par les pommes de terre. Au matin, elles se cachent du soleil. Il suffit de retourner la planche, ramasser les limaces et les donner aux canards. On peut aussi les jeter dans le champ du voisin !

Article rédigé par Didier Sartor pour le Dauphiné Libéré

Aucun commentaire: