Ce samedi 19 juin, entre le Col de la Charmette et les plateaux de la Sûre, c’était l’emmontagnée, un terme plutôt utilisé dans les Savoies, mais qui peut s’appliquer aussi pour ces éleveurs bovins isérois qui, une fois encore, ont confié leurs génisses au berger pour trois mois d’estive vers la Sûre.
| Déchargement des génisses |
Dès l’aube, camions et bétaillères ont rejoint le col par Proveysieux ou Saint Laurent du Pont. Les éleveurs, une petite vingtaine, originaires du massif ou des Piémonts, mais aussi du Nord-Isère, ont transporté leurs cheptels. C’est désormais le berger, lui-même ancien éleveur, qui gèrera ce troupeau pour les quatre mois d’estive.
| Gisèle Eldin, au centre en rouge |
Gisèle Eldin, la présidente du groupement pastoral « Les Gentianes », locataire de l’alpage domanial depuis les années 80, est aux commandes pour régler tous les détails de l’opération : l’arrivée des génisses, le déchargement, leur contention dans les parcs autour du chalet, le marquage d’identification par boucle d’oreille, le traitement anti-parasitaire, la pesée et, bien sûr l’acheminement vers les alpages en quatre ou cinq petits troupeaux qu’il faudra guider sur les pistes. Tout cela se passe au mieux malgré le stress des bêtes et de leurs propriétaires. Si on a bien compté, ça fait 42 ans que les génisses font le voyage vers ces alpages !
Quatre mois d’estive sur les alpages de la Sûre
| Les génisses sont parquées avant le grand départ vers les alpages |
Pour cette emmontagnée, amis et proches sont venus. Des randonneurs, nombreux ce samedi, sont aussi surpris et enchantés de cette animation. Pour les familles d’éleveurs, pas question de manquer l’événement, car chacun veut escorter les bovins jusqu’au col de la Grande Vache et Hurtières, vers le petit chalet d’alpage qui accueillera le berger. Là-haut, au cœur des 350 hectares de hauts plateaux que domine la Grande Sûre, il y aura encore des barrières à réinstaller, des clôtures à reprendre, des trous à baliser, des abreuvoirs à remettre en service, des tâches qu’ils effectueront en pleine solidarité.
| Un troupeau attaque la montée |
Jusqu’au dernier samedi de septembre, le berger va donc assurer le gardiennage et la gestion des 260 montbéliardes, charolaises, tarines, abondance et autres Holstein qui occuperont tous ces alpages pendant les prochains mois. Il va falloir que les mouflons leur laisse un peu de place… et d’herbe ! On ne s’inquiète pas trop du loup, encore rare sur ces plateaux…
Pas de problème particulier donc pour cette montée cette année… « Jusqu’ici, tout va bien », nous confie Gisèle, « mais il faudra attendre la fin de la journée, quand toutes les génisses seront arrivées à bon port sur les plateaux pour respirer… Chaque année, il y a toujours des bêtes indépendantes qui partent dans la forêt et qui nous compliquent un peu la journée ». Rendez-vous en septembre pour la descente, la 42ème !
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