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vendredi 5 décembre 2025

Sur les traces des Proveysards partis au Chili au XIXème siècle

Laurent Surmely et Monique Navizet étaient les invités de la dernière causerie de l’association « Histoire et Patrimoine Vence Neyron Cornillon », le 19 novembre dernier. Ils sont revenus sur l’histoire de ces habitants de Proveysieux qui, à la fin du XIXème siècle, ont quitté leur famille pour tenter une nouvelle aventure au Chili, un pays demandeur d’émigrants français.

Carte de la partie du Chili où ont émigré les Proveysards

 

On peut difficilement imaginer ce que ces voyages représentaient à l’époque : traverser l’océan à bord d’un bateau à vapeur, passer le détroit de Magellan et arriver dans un pays dont on ne connait rien et dont on ne parle pas la langue.

Alors que la France était essentiellement un pays d’immigration, de certaines régions françaises  certains ont tenté leur chance, voire la fortune, en Amérique du Sud. Des Basques, des Pyrénéens, mais aussi des Alpins notamment de la Maurienne vers l’Argentine ou de Barcelonnette vers le Mexique. Ce qu’on ignore c’est que quelques Chartroussins ont aussi tenté l’aventure.

 

Ils émigrent dès 1882

Jean-Pierre Sorrel et sa famille

Proveysieux a été concerné par cette émigration, avec des effectifs assez modestes puisque les recherches actuelles montrent que cinq individus appartenant à trois familles différentes sont partis au Chili. Deux de ces familles ont ainsi été présentées par les conférenciers, les Thibaut et les Sorrel. Elles étaient originaires des hameaux de Pomarey pour les premiers, du Gua et de Quaix en Chartreuse pour les seconds. Les Thibaut, marchands de charbon de bois, ne faisant plus trop d’affaires, Charles, puis Jean-Pierre et Aimé tentent l’aventure dès 1882. Laurent Surmely, par ailleurs historien mais aussi descendant des Thibaut, a pu remonter cette histoire grâce à une importante correspondance familiale. Ils s’installent dans le sud du pays, travaillent dans la tannerie, fondent des familles pour certains.

Monique a enchainé sur la famille Sorrel au nom de son mari, Raymond Navizet, descendant direct de Jean-Pierre Sorel qui, lui, a émigré en 1889, travaillant dans le tissage puis le commerce, fondant également une famille.

Retrouvailles et cousinades

Quelques décennies plus tard, dans les années 2010, les deux familles ont souhaité se retrouver à Proveysieux. Ainsi, les descendants chiliens des Thibaut et des Sorrel sont revenus sur la terre de leurs ancêtres pour faire connaissance avec leurs cousins alpins éloignés et les maisons familiales. Les Proveysards ont également saisi l’occasion de partir au Chili et de rencontrer leurs cousins. Beaucoup d’émotion on l’imagine dans ces rencontres, aussi bien chez les Navizet avec Carlos Sorrel qui reste en lien permanent depuis, que dans les familles Tournoud et Surmely, descendants des Thibaut.

Délégation de Thibaut chiliens devant la maison natale des Thibaut de Pomarey

Les liens se sont retissés avec le plus grand bonheur et comme le précisait Laurent Surmely, « on avait l’impression de ne s’être jamais quittés ».

mercredi 22 octobre 2025

Alain Belmont a fait découvrir l’histoire des meules et de leurs carrières, une causerie conférence organisée par l'association Saint-égrévoise "Histoire et Patrimoine Vence Neyron Cornillon"

Pour sa dernière causerie, l’association Histoire et Patrimoine Vence Neyron Cornillon avait invité Alain Belmont pour une causerie dont le thème était « Les meules de moulins et leurs carrières en Chartreuse, du Moyen Age au XIX° siècle ». 

Grâce à une double approche, historique et archéologique, le conférencier a raconté une histoire passionnante qui a captivé son auditoire, celle de la fabrication du pain et donc des meules qui servaient à moudre cette céréale, ce fruit « impossible à croquer ». A travers de nombreuses fouilles, de recherches dans les archives, Alain Belmont, nous a fait voyager dans le temps, à la découverte de ces nombreux moulins dont on trouve encore des vestiges de nos jours. Il a surtout concentré ses propos sur les meules, gisantes ou roulantes dont certaines carrières sont encore visibles.

Alain Belmont


Pour moudre leur blé, les paysans d’antan cherchaient souvent des carrières à proximité pour des raisons pratiques (une meule pouvait peser jusqu’à quatre tonnes). Ils les taillaient ainsi dans des roches tendres comme le calcaire, qui s’usaient très rapidement. Résultat, ce calcaire se retrouvait dans le pain provoquant une usure dentaire prématurée. C'était l'époque du pain noir... avec ces pierres « criminelles ». 


Lors du chantier de fouilles à Quaix en Chartreuse

En Chartreuse, une carrière de très bonne qualité fut exploitée dès le XVII° siècle à Quaix en Chartreuse. Les livres de compte de l'époque montrent que de 700 à 2400 meules sortirent de ce site, faisant la fortune des propriétaires, les Sebelin. Il faut savoir qu’une meule équivalait au prix d’une maison. Dans le massif de Chartreuse on trouve aussi d’autres carrières, à Berland ou à Corbel mais aussi, plus près de l’agglomération, à Mont-Saint-Martin, où un sentier de découverte, « la Meulière des Dauphins », permet une mise en valeur de ce patrimoine.

Du pain noir au pain blanc

La fabrication de meules locales aurait pu se poursuivre en Chartreuse et dans la région jusqu’au XX° siècle. C’était sans compter avec la « mise sur le marché » des carrières de silice de La Ferté-sous-Jouarre, situées à quelques dizaines de kilomètres à l’est de Paris. Les meules, « les meilleures du monde » disait-on, étaient expédiées dans le monde entier. Ici, on ne jouait pas dans la même catégorie ! En 1853, en plein essor, les vingt-trois entreprises actives à La Ferté occupaient 1 500 à 3 000 ouvriers pour une production annuelle de plus de 20 000 meules. La farine ne contient plus de minéral… On est passé du pain noir au pain blanc !
L’arrivée d’une nouvelle technique de mouture au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les cylindres métalliques, a révolutionné le travail de meunerie et annoncé le déclin des meules en pierre.



vendredi 10 octobre 2025

Conférence sur les meules de moulins et leurs carrières à Saint-Egrève le 16 octobre

L'association "Histoire et patrimoine Vence Neyron Cornillon a le plaisir de vous inviter à une causerie-conférence qui aura lieu le jeudi 16 octobre 2025 à 18h30.

« Les meules de moulins et leurs carrières en Chartreuse 
du Moyen Age au 19e siècle »

Une meule à Quaix en Chartreuse

Présenté par 
Alain Belmont, professeur d’histoire moderne à l'Université Grenoble Alpes.
Elle aura lieu à la MSF (Maison des Solidarités et des Familles) – salle SAFRAN - 38 Rue de la Gare à Saint-Egrève.

Vous reconnaîtrez des sites que vous connaissez à Quaix en Chartreuse, Mont Saint Martin et vous en découvrirez d’autres …

La Meulière des Dauphins. 

 

Panneau de départ du sentier de la Meulière des Dauphins à Mont Saint Martin

 

vendredi 9 mai 2025

Une grande exposition sur les 80 ans de la fin de la guerre

Dans le cadre de la commémoration des 80 ans de la fin de la Seconde Guerre Mondiale et de la Libération des Camps de concentration une exposition, fruit d’un beau travail partenarial, a lieu du 6 au 16 mai à l'Hôtel de ville de Saint-Egrève. Elle a été réalisée par les associations UNADIF (*), Histoire et Patrimoine Vence Neyron Cornillon et Saint-E Philatélie. Inaugurée ce mardi 6 mai en présence de Laurent Amadieu, maire de Saint-Egrève, les différents panneaux du parcours permettent aux visiteurs de découvrir notamment des documents, archives et timbres de l'époque de la Seconde Guerre Mondiale.

Laurent Amadieu, maire de Saint-Egrève lors de l'inauguration
Une présentation inédite de dessins
Ce qui a sans aucun doute marqué et fortement ému les premiers visiteurs, ce sont ces 18 dessins inédits, présentés par Jean-Paul Blanc, président de l’UNADIF, réalisés en cachette et pendant sa captivité par Kurt Dittmar ancien détenu au camp de Dachau, mais aussi dessinateur de métier, ce qui explique la représentation d’un réalisme exceptionnel. Ils retracent l’enfer et l’horreur de la vie quotidienne dans le camp, mais aussi la barbarie, la cruauté et la dureté de la vie de déporté. C’est Robert Vallon, résistant déporté, qui portera ses documents à la postérité en échange d’un peu de nourriture. Ils sont présentés pour la première fois dans le cadre du projet national « La mémoire a un avenir », avec le soutien du Département de l’Isère. 

Attention ! Ces dessins sont très réalistes et peuvent choquer, notamment les plus jeunes...


Dans cette même exposition, Saint E' Philatélie, représenté par son président Jacques Chautemps, expose des timbres et lettres de six adhérents qui rappellent des faits marquants de la période 1939/1945 avec, selon la thématique choisie, une partie importante consacrée au Général de Gaulle.

Histoire Patrimoine Vence Neyron Cornillon, dont les adhérents se passionnent et s'intéressent à la vie de Saint-Egrève et de ses habitants, présente aussi plusieurs documents se rapportant à cette période 39-45, tandis que l'ANACR (*) expose deux panneaux sur les résistants et les rues de Saint-Egrève.
Pour conclure la rencontre, le maire a précisé que la Ville de Saint-Égrève a souhaité baptiser le jardin public de Champaviotte du nom d’Alfred Rolland, dit Féfé, marquant ainsi l’engagement profond de cet homme dans la Résistance. Il sera inauguré le 18 juin prochain, date symbolique.

(*) UNADIF : Union Nationale des Associations de Déportés et Internés de la Résistance et des Familles.
ANACR : Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance


Alain Provost

lundi 14 avril 2025

Causerie « les carrières de terre réfractaire de Proveysieux » présentées par Laurent Surmely et Laurent Truche, le mardi 15 avril 2025 à 18h30 à Saint-Egrève

Si vous avez raté la présentation qui avait eu lieu l'automne dernier à Proveysieux, conférence doublée d'une sortie sur le  terrain, vous avez l'occasion de vous rattraper.

Une deuxième session aura lieu le mardi 15 avril 2025 à 18h30, à la Maison des solidarités et des familles – salle SAFRAN, 38 Rue de la Gare – Saint-Egrève

Dans une première partie, Laurent Truche, professeur en ressources minérales et énergétiques à l’Université Grenoble Alpes présentera les particularités géologiques de ces terres.

Dans un deuxième temps, Laurent Surmely, membre de la commission patrimoine et sentiers, retracera l’histoire de l’exploitation des carrières de terre réfractaire de Proveysieux, de 1874 à fin des années 1960.




 

lundi 20 janvier 2025

Le chantier de la maison Fagot à La Monta devrait aboutir dans les prochains mois

C'est un site que les Proveysards fréquentent chaque matin en traversant le quartier de La Monta à Saint-Egrève, le chantier actuellement en friche dit de "La Maison Fagot/Journet", du nom des anciens propriétaires,  

Ces deux maisons d’habitations en encorbellement sur la Vence, rasées au cours de l'été 2023 étaient situées aux numéros 42 et 44 de la rue le La Monta. Les deux bâtisses qui dominaient la rivière avaient été acquises par la mairie le 21 janvier 1992, avec un projet de remise en valeur du site après démolition. Chacun a pu constater que cette remise en valeur trainait un peu beaucoup en longueur. On en sait désormais un peu plus sur l'avancement du chantier qui devrait reprendre dès l'été prochain. Les élus ont communiqué dans le bulletin municipal de Saint-Egrève (Voir ci-dessous).

Voir aussi article sur ce site écrit en août 2023...

"Le site de l'ancienne maison Fagot, en contrebas du pont de la rue de Champy à La Monta, va connaître un sacré changement en 2025. Un projet de 740 000 € est inscrit au budget 2025 pour transformer cet espace plein de potentiel en deux terrasses publiques à la jonction de La Monta à la rue des Brieux. La terrasse "haute” sera sertie de pavés et de quilles pour éviter les stationnements abusifs. La végétalisation du site est aussi prévue dans les plans d'aménagement. La terrasse ”basse”, accessible par un escalier ainsi qu'un portillon et dont l’accès ne pourra se faire qu'en journée, bénéficiera, de son côté, de pavés enherbés et de deux cépées. Des bancs sont également prévus pour rendre les lieux le plus agréable possible pour les usagers. Grâce à une installation sécurisée, ces derniers pourront aussi observer la partie du canal des usiniers qui passe sous la plateforme. Une belle manière de mettre en valeur le patrimoine saint-égrévois. Le temps d'études et de travaux est estimé à dix mois. Le début du chantier est prévu pour l'été 2025."


vendredi 27 septembre 2024

A la découverte des anciennes carrières de terre réfractaire

C’est une sortie un peu hors normes qui a été proposée le week-end dernier par la commission patrimoine et sentiers de la commune, une invitation à la découverte des anciennes carrières de terre réfractaire, un temps fort de l’activité préindustrielle du XXe siècle.

Le site de la carrière de Crozet en juillet 1937

C’est une activité qui a employé de nombreux habitants du village, suite à la découverte de la terre réfractaire dans ces carrières et leur exploitation dès 1874. Ce matériau fut notamment exploité pendant de nombreuses décennies pour les fours dans les fonderies spécialisées, dans les moules de pièces d’artillerie, mais aussi pour fabriquer des briques et tapisser l’intérieur des fours.

Laurent Surmely, historien, expliquant le contexte patrimonial au départ de la balade

Laurent Truche, enseignant à l’université Grenoble Alpes, expliquant le contexte géologique de la vallée du Tenaison

Réparties de part et d’autre de la vallée du Tenaison, on en trouve encore les traces et certains vestiges. Grâce aux importantes recherches menées par Laurent Surmely, historien et habitant de Proveysieux, mais aussi de Laurent Truche, professeur en ressources minérales et énergétiques à l’Université Grenoble Alpes, une trentaine de personnes a pu notamment découvrir la carrière de Crozet située en contrebas de la montagne de Chalves, non loin du lieu-dit « Les Marcellières ». Sur ce site, on trouve encore des galeries, la cabane des contremaitres, un câble téléphérique et sa station supérieure, des bâtiments particulièrement bien conservés, ainsi que divers vestiges. Une photo de l’époque, présentée lors de la sortie, montre l’importance de l’exploitation.

 

Le groupe devant la maison des contremaitres, un bâtiment qui n’a pas subi le temps.

Transport de terre de la carrière à la gare

Lors de la conférence qui a suivi cette visite, Laurent Truche a expliqué le contexte géologique de la vallée, se mettant à la portée de tous pour une approche scientifique très didactique et passionnante, pas toujours évidente pour les non-initiés. Laurent Surmely a enchaîné, plongeant ses auditeurs dans cette histoire locale méconnue. Pour se rendre compte de l’ampleur de cette activité, il faut savoir que vers 1895, sur la douzaine de carrières de terre réfractaire iséroises, et une production annuelle de 7 000 à 8 000 tonnes, celles de Proveysieux en fournissaient la moitié. Nombreux étaient les Proveysards qui louaient leurs services avec des revenus complémentaires non négligeables pour ces paysans, que ce soit à la mine ou pour le transport par charrettes tombereaux tirées par des bœufs. De même, des entrepôts dédiés furent construits par les exploitants à la gare de Saint-Égrève/Saint-Robert, notamment par les entrepreneurs Fumet, Trouillon ou Gadot et Martin. Dans ses recherches, Laurent Surmely a pu notamment réunir plusieurs documents (photos et cartes postales, factures, extraits cadastraux) aux Archives Départementales mais aussi chez les familles proveysardes.

La gare basse d'un câble provenant des carrières


Cette activité a subi un lent déclin au début du XXe siècle avec l’arrêt successif des différentes carrières sur Girieu et Mont Rachais, mais aussi sur Grandchamp et Crozet. Sur cette dernière, huit ouvriers ont tout de même extrait 3 000 tonnes de minerais en 1935. Cette activité prit pratiquement fin en 1941 suite à un éboulement en amont du hameau de Pomarey, interrompant tous transports, donc l’extraction de la terre.

jeudi 12 septembre 2024

A la découverte des carrières de terre réfractaire de Proveysieux

Les membres de la commission patrimoine et sentiers de la commune de Proveysieux vous invitent à une découverte des anciennes carrières de terre réfractaire, un temps fort de l'activité préindustrielle du XXème siècle. Elle aura lieu le samedi 21 septembre 2024 avec deux temps forts : une sortie sur le terrain et une conférence en mairie.
 
- 14h : découverte de la carrière de Crozet en compagnie de membres de la commission et de Laurent Truche, professeur en ressources minérales et énergétiques.
  • Le rendez-vous est fixé au lieu-dit "Le Creux" (route de la Charmette après le portique limitant la hauteur des poids lourds. Prévoir covoiturage, le nombre de places de parking étant limité). Pour accéder au site, il faut compter environ une demi-heure de marche, sur un chemin en pente très raide. Chaussures de randonnée obligatoires.
Un cliché datant de juillet 1937 sur le lieu d'exploitation de la carrière de Crozet

- 17h30 : Présentations/conférences. Salle de réunion de la mairie au chef-lieu avec deux présentations :  

  • Contexte géologique des dépôts de terre réfractaire de la vallée de Proveysieux par Laurent Truche professeur en ressources minérales et énergétiques à l’Université Grenoble Alpe et au laboratoire ISTERRE.
  • Histoire de l’exploitation des carrières de terre réfractaire de Proveysieux : une première esquisse par Laurent Surmely membre de la commission patrimoine et sentier.
En cas de mauvaise météo, la sortie sera annulée, les conférences maintenues aux mêmes horaires.

lundi 3 juin 2024

Le gros châtaignier remis en valeur

C’était un chantier qu’avait programmé la commission patrimoine de la commune, un groupe constitué d’élus et d’habitants du village, particulièrement sensibilisés par le patrimoine local. On leur doit entre autres deux expositions de photos et cartes postales anciennes, issues de différentes collections particulières ainsi que des visites de sites locaux, des manifestations qui ont, chaque année, un gros succès. 

 

Le châtaignier avant l’élagage (photo : L. Thomas)
La dernière opération en date concernait une opération de rajeunissement du gros châtaignier qui trône à l’entrée de la commune, à la hauteur du hameau de Garcinière. La frondaison de cet arbre, sans doute bicentenaire, avait complètement disparu sous une épaisse couche de lierre, cachant ainsi ce « monument naturel », récemment classé au patrimoine naturel de Proveysieux. Loin de vouloir remettre en question le rôle important du lierre qui, contrairement à ce que l’on croit n’est ni un parasite, ni une plante invasive, les artisans de ce chantier voulaient juste redonner au végétal une prestance disparue.

Une photo du châtaignier datant de janvier 1927

 

Il faut préciser que ce châtaignier a tout une histoire. Il apparait ainsi sur des peintures anciennes, dont une de Théodore Ravanat, artiste de l’école des peintres paysagistes de la fin du XIXe siècle. Il a été aussi un des sujets des photographes du début du XXe siècle, où on peut déjà constater sa stature imposante.

Une carte postale datée de 1908
L'arbre a retrouvé une nouvelle jeunesse

Il méritait donc un bon entretien, une mise en valeur, un rajeunissement. C’est ce qui a été fait récemment par une équipe de choc, sous la houlette de Damien Cristea de l’entreprise Ewok, élagueur de métier à Proveysieux. Débarrassé du lierre et des branches mortes, le gros châtaignier est de nouveau remarqué par les habitants, mais aussi par les randonneurs et cyclistes, nombreux sur cet itinéraire, qui profitent d’une halte ombragée.

mardi 30 avril 2024

Une nouvelle exposition sur le patrimoine proveysard pendant la foire du 1er mai à Proveysieux

"Patrimoine proveysard", c'est le nom de cette nouvelle expo qui sera présentée le jour de la foire du 1er mai à Proveysieux, dans le gymnase. Lors du même événement, en 2023, la commission patrimoine de la commune avait déjà présenté l'expo "Proveysieux, du XIXe au XXe siècle". Vous pourrez trouver cette dernière sous forme d'un ouvrage de 46 pages. Il sera vendu pendant la foire, puis en mairie au prix de 20€.

 
Cet ouvrage de 46 pages, retraçant l'expo de 2023 sera mis en vente pendant la foire


Patrimoine Proveysard
Avant d’être ce joli village que la voiture a rendu proche des communes voisines et de Grenoble, Proveyzieux était une petite commune de moyenne montagne dont les habitants ont toujours essayé d’être auto-suffisants, utilisant les ressources locales avec ingéniosité et inventivité.
De cette période, il reste encore des vestiges disséminés sur son territoire.
C'est ce patrimoine, celui qui a contribué à la vie à Proveyzieux et dont il est le souvenir, que l'exposition présentée cette année a pour but de mettre en lumière aujourd'hui. 



Au fil de cette exposition, vous pourrez découvrir, ou redécouvrir les traces de cette Histoire.
A ces époques où les transports étaient compliqués, les habitants de la commune avaient à cœur d’utiliser les matériaux locaux et surtout, de les transformer dans le village pour les utiliser ensuite ou pour en faire commerce à Saint-Egrève, Grenoble, voire plus loin.
Vous y verrez la scierie, les platelages mais aussi les glacières naturelles très utiles quand le "frigo" n’avait pas encore été inventé.
Vous y retrouverez bassins et fours à pain, encore très présents aujourd'hui, qui animèrent la vie des hameaux. Vous porterez un autre regard sur les granges qui subsistent encore avant d'être transformées en habitation un jour peut-être et que vous croisez lors de vos promenades.

Cette déambulation proveysarde vous amènera aussi à redécouvrir moulins et oratoires encore existants ou la fresque de l’ancienne auberge des GrandzGousiers, ô combien célèbre à son époque. Et d'autres souvenirs encore.
Flânez, déambulez le long de cette exposition. Découvrez ou redécouvrez ce patrimoine de Proveysieux.
Et si vous êtes en peine de savoir l'emplacement de tel ou tel vestige, questionnez les membres de la commission patrimoine et sentiers qui a porté ce projet, ils vous répondront avec plaisir.
La commission patrimoine vous souhaite une belle déambulation patrimoniale.

mardi 6 février 2024

La grande aventure du téleski de Planfay

Extraits de l'exposition : " Proveysieux, du XIXe au XXIe siècle", présentée lors de la foire du 1er mai 2023 à Proveysieux... 

La prairie du téléski de Planfay

Je me souviens d'un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître… ! Un temps où il y avait beaucoup de neige à Proveyzieux !
C'était dans la deuxième moitié des années 1960.

Des habitants de la commune avaient une idée en tête… monter un téléski à Planfay !
Après des pourparlers, des réunions, le maire, Pierre Brosse, donne son aval, en parle au maire de St-Égrève, Maître Balestas, et l'affaire est conclue… !
L'aventure du téléski de Planfay commençait, fédérant une bande de jeunes entre 20 et 40 ans de la commune, mais pas que…
Ils se sont mis au travail ; et, dans la neige, au cours de l'hiver 1967, ils vont couper des arbres, les ébranchent, scellent les troncs dans le sol. Ils ont aussi retapé, aménagé la "cabane" du Mollaret au toit de tôles rouillées !

Un téléski est acquis auprès des établissements Montagnier et Allonzier à La Caille en Haute Savoie.
Et, le samedi 20 janvier 1968, inauguration du téléski en présence des notables de l'époque, tout juste 15 jours avant l'ouverture des Jeux Olympiques de Grenoble.
La station de ski était née…

Des mises aux normes nécessaires et onéreuses, une neige moins abondante, ont eu raison de la station de ski de Planfay en 1978…

Fin de cette belle et fabuleuse épopée ! 

Au même endroit, en 2023...

mardi 30 janvier 2024

L'entrée du hameau de Pomarey, il y a plus d'un siècle et aujourd'hui...

Extraits de l'exposition : " Proveysieux, du XIXe au XXIe siècle", présentée lors de la foire du 1er mai 2023 à Proveysieux... 


Cette vue représente l'entrée du village de Pomarey.
- À gauche, l'arbre est pour ainsi dire l'élément principal de cette photo ; dans la peinture du paysage du XIXème siècle, l'arbre était souvent «un personnage principal" au 1er plan.
- À droite, en haut du talus, une grange qui sera transformée en maison à la fin du XXème siècle.
Grange proveyzarde, chartroussine, traditionnelle avec toit à deux pans, infrastructure en pierre et paroi de planches disjointes pour l'aération des récoltes, séparée de la maison d'habitation.
- Toujours à droite, une maison imposante à la façade blanche et qui empiète quelque peu sur le chemin ; encore aujourd'hui, d'ailleurs, il y a un rétrécissement de la chaussée à cet endroit.

Autrefois, c'était encore un bistrot ! Il y en avait dans tous les hameaux !
Café tenu par Anaïs Gonthier, épouse de Vincent Laurent, la "mère Vincent", comme elle était appelée.
Après l'incendie de l'école de Pomarey le 25 juillet 1947, pendant les travaux de remise en état des locaux, l'école eut lieu dans les murs du café de la mère Vincent, en face, là où les ouvriers qui travaillaient aux carrières de terre réfractaire dépensaient leur paie en buvant un coup… ou deux… voire plus ! Car… la paie des transporteurs et des ouvriers se faisait chez la mère Vincent ! Le patron distribuait les paies le dimanche après-midi, une fois par mois !
Les jours de paie, le café était très fréquenté et la salle bruyante. Certaines fois, ça se terminait mal. Ces gros buveurs ne se doutaient pas que des années plus tard, les mêmes murs recueilleraient les ânonnements de lecture et de tables de multiplication des écoliers après l'incendie de 1947.

C'est dire si le transport de la terre jouait un grand rôle dans l'activité de ce bistrot ! Qui a fermé juste avant la guerre; de toute manière, l'exploitation des carrières a cessé en 1941 après l'éboulement de la route.


samedi 13 janvier 2024

Les enfants de l’école en visite à l’exposition « patrimoine »

Ce vendredi après-midi, pour clore leur semaine, deux classes de l’école du village étaient en déplacement à la mairie. Le but de cette courte sortie, une visite commentée de l’exposition photographique "Proveyzieux, du XIXe au XXe siècle", commentée par deux membres de la commission municipale « patrimoine ».

 

Ce sont ainsi plus de trente enfants, des deux classes du CP au CM2, qui ont découvert leur village, leur hameau, leur maison parfois, sur des cartes postales ou photographies anciennes. Encadrés par les institutrices, ils n’ont pas été avares de questions et de remarques, certains plus loquaces que d’autres, insistant sur certains détails, laissant parfois sans voix les deux guides d’une après-midi.

Du quartier de La Monta à Saint-Égrève, jusqu’au téléski de Planfay ou au chalet de la Charmette, ils ont ainsi découvert des lieux, des paysages connus, pas très modifiés pour certains. Et pourtant ! Pas de voitures mais des charrettes de terre réfractaire issues des carrières, tirées par des bœufs, pas de routes goudronnées, mais des chemins caillouteux... Ils ont été particulièrement interpellés par une photo datant de 1880, où leur école est absente du cadre, la construction de celle-ci datant de 1883. Certains paysages ont aussi beaucoup changé, la forêt ayant gagné sur les prés et les cultures. 



 

Ils ont aussi remarqué le nombre de cafés et restaurants qu’on trouvait dans chaque hameau et que les dames du village étaient… bien habillées, sans doute pour aller à la messe, une pratique qui en a interpellé certains.
Nul doute que, dès leur retour à la maison, ces enfants ont parlé à leur famille de ce beau voyage dans le temps passé.

samedi 6 janvier 2024

Quand Saint-Egrève n'était encore qu'un village très rural

Vous reconnaitrez, sans aucun doute, le cadre de cette photo prise à Saint-Egrève, le long de la Vence avec la route qui va vers le quartier de la Monta. 

A gauche, un dépôt de bois, sans doute issu des forêts de Quaix en Chartreuse ou Proveysieux, à l'emplacement actuel du petit parking.

Photo : Henri Ferrand

mardi 2 janvier 2024

Le hameau du Mollard à Proveysieux, avant et après...

Extraits de l'exposition : " Proveysieux, du XIXe au XXIe siècle", présentée lors de la foire du 1er mai 2023 à Proveysieux...


Cette vue en profondeur est prise du hameau du Mollard. Au premier plan, à gauche, une grange. À Proveyzieux, les granges étaient distinctes de la maison ; tel est le cas ici, elle ne forme pas un tout avec la ferme ; elle en est plus ou moins éloignée. La grange faisait partie du village.
On en voit un peu partout dans le paysage proveyzard ; grange construite traditionnellement avec planches disjointes permettant l'aération de la récolte, avec un toit à deux pans, sans cheminée.
Au second plan, on voit l'église, véritable sentinelle sur son éperon rocheux, visible de loin et des maisons et granges du hameau de la Chiaise qui dominent la vallée.
En arrière-plan, les montagnes qui forment l'écrin du village de Proveyzieux.
"Le Mollard", en patois général, veut dire "amas de terre rapportée" : c'est l'impression que donne cet emplacement.

Le Mollard 2023

L’ancien chemin rural est devenu le chemin départemental CD 105, occupant une place importante dans le paysage ; son tracé, malgré quelques modifications, demeure le lien entre tous les hameaux de la commune, contribuant à la configuration particulière du village de Proveysieux, tout en longueur (voir carte en début de ce recueil).
L’élargissement de la chaussée a imposé la construction de nombreux ouvrages d’arts et murs de soutènement parfois impressionnants.



jeudi 28 septembre 2023

Sur les traces des carrières de lauzes avec la commission patrimoine de Proveysieux

 

Fort du succès de la sortie patrimoniale de 2022 qui avait permis à une centaine d’habitants de découvrir la scierie et le moulin du village, les membres de la commission sont cette année partis sur les pentes de la montagne du Sac, sur les sites d’extraction des carrières de lauzes.

 

 

Plus de trente personnes ont découvert les traces de ces exploitations qui ont perduré jusque dans les années 1920. Il faut monter jusque vers 850 mètres d’altitude pour trouver les premiers fronts de taille et les débris et l’on imagine aisément les problèmes de transport pour véhiculer ces dalles jusqu’à leurs lieux d’utilisation, en traîneaux puis en chars à bœufs toujours prêts à verser, dans des chemins pentus. Les lauzes étaient utilisées pour des marches ou seuils d’escaliers, des couvertures de murs ou des bassins. On peut en voir quelques exemples encore sur certains bâtiments du village, mais aussi à Saint-Égrève comme couverture du château du Muret. La mémoire locale se rappelle aussi des bordures de tramway quand ses anciennes lignes parcouraient la plaine. Laurent Surmely, grâce à son savoir d’historien du patrimoine, a aussi pu retrouver une facture d’un fabricant de papier à Rives datant de 1854.



De ces carrières, il reste quelques mazots, des bâtiments de petite taille qui servaient sans doute d’abri ou d’entrepôt pour les outils. Ainsi, les visiteurs du jour ont pu en découvrir deux, restaurés dans la fin des années 1990, déjà par des bénévoles, sous l’autorité de Jean-Pierre Roche qui avait proposé ses connaissances professionnelles de charpentier.
Les organisateurs de la sortie ont étendu leur sortie d’un jour et leurs propos à d’autres sujets liés à la découverte du patrimoine, qu’il soit naturel ou construit, puisqu’on a pu successivement faire des haltes auprès d’une des granges du versant et d’une tufière calcaire tout en découvrant faune et flore et lecture du paysage.